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neuvièmeart 2.0 a souhaité qu’à côté des dossiers de fond, qui s’engagent dans le temps et s’étoffent au fil des années, des plumes viennent régulièrement chatouiller votre intérêt, en faisant part du leur, loin des « buzz » et de la culture de « l’actu ». Nous gardons l’esprit large : les auteurs qui ont décidé de participer à cette tribune collective peuvent puiser dans d’anciennes parutions, la critique peut s’exercer librement, les relations avec d’autres formes artistiques sont bienvenues, et d’autres arts graphiques, du cinéma à l’animation, ont aussi droit de cité.
Il va sans dire que tous ces billets, pas toujours doux, parfois polémiques, n’engagent que leurs auteurs, ne reflètent pas forcément le point de vue de la rédaction de neuvièmeart 2.0 et n’engagent pas la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

dimanche 19 février 2012

sexe et bande dessinée : l’enfer des bulles

par Benoît Berthou

Au sein de mon billet consacré à Barbarella, j’évoquais un ouvrage, L’Enfer des bulles, qui semble à lui tout seul donner un sens au terme « contre-culture » tant il s’écarte des « bonnes mœurs » en vigueur et des sages productions éditoriales commercialisées lors de sa parution au début de l’année 1968.

Signé par Jacques Sadoul – écrivain, essayiste et spécialiste d’une Science-Fiction qu’il a largement contribué à faire connaître auprès du grand public en dirigeant pendant vingt ans la collection « SF » de J’ai lu, cet ouvrage présente en effet un sous-titre explicite : « L’érotisme dans la bande dessinée ». Il s’agit donc de considérer le Neuvième art comme un mode d’expression sexué, chose audacieuse tant sur le plan des convenances que sur le plan intellectuel, car la chose n’avait, à ma connaissance, jamais été tentée.

« cachez ce sein que je ne saurais voir »
Poser un tel problème n’avait en effet absolument rien d’évident et il y a fort à parier que cette belle idée serait restée lettre morte sans le concours de Jean-Jacques Pauvert, sulfureux éditeur s’il en est. Spécialisé dans les productions « licencieuses », celui-ci a en effet clandestinement diffusé en 1948 les quatre tomes des Cent vingt journées de Sodome du Marquis de Sade avant de connaître le succès six ans plus tard grâce à la publication d’Histoire d’O, délicieux petit livre signé Pauline Réage. Ces actions clairement militantes participèrent d’un mouvement de libération des mœurs que Mai-68 fit rentrer dans les faits. L’Enfer des bulles s’inscrit ainsi dans un combat que Jean-Jacques Pauvert mena de concert avec d’autres éditeurs, et notamment avec Éric Losfeld qui publia dans les années 60 les impudiques Pravda, la survireuse de Guy Peellaert ou Barbarella de Jean-Claude Forest.
Mais, et au-delà de ces évolutions sociétales, l’érotisme constitue un thème encore plus percutant lorsque l’on considère les mœurs de la bande dessinée européenne des années 60. Celle-ci semble en effet avant tout être caractérisée par une exclusion pure et simple de tout ce qui peut avoir de près ou de loin un rapport à la sexualité, comme en témoigne l’exemple des deux hebdomadaires qui constituaient alors le principal vecteur de diffusion de la bande dessinée « franco-belge ». Tintin et Spirou constituaient des publications chastes au possible, et Franquin évoquant lors d’un entretien avec Hugues Dayez ses années passées à publier dans le journal de Marcinelle déclare ainsi : « On se disait tout de suite : “Je ne vais pas dessiner des filles parce que Dupuis va bondir...” On n’aurait pas fait une histoire d’amour dans Spirou : je ne l’ai jamais fait, d’ailleurs. » [1]

Jacques Sadoul, « Les fiancées éternelles »,
L’Enfer des Bulles, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1968, p.24.

Seuls les soudaines rougeurs et adorables frétillements de la Mademoiselle Jeanne de Gaston semblent avoir eu droit de cité au sein de cette publication. Le corps de la femme faisait l’objet d’une véritable censure, comme nous l’apprend Stanislas Faure dans un article consacré au rapport qu’entretenaient les éditeurs belges et la commission de surveillance mise en place par la loi de 1949 : « Yvan Delporte ne débuta-t-il pas dans Spirou en retouchant les jupes et décolletés des héroïnes de bandes américaines ? » [2] Le sexe du neuvième art semble ainsi posséder une nationalité et, délaissant les sages productions européennes, Jacques Sadoul chercha son enfer dans un tout autre matériau : des comics au sein desquels « la femme jouait un rôle de premier plan » et « où – malgré les multiples censures – ses possibilités érotiques étaient nettement exploitées » (p. 5).

tarzannes, aventurières, fiancées éternelles…
Tel est en effet le premier enseignement de L’Enfer des bulles : contrairement à ce que l’on peut penser, l’érotisme n’a rien d’anecdotique dans la bande dessinée des années 50 et 60. En témoigne la richesse des centaines d’illustrations de cet ouvrage qui nous plonge dans une véritable pléthore de dessins de femmes quasiment tous extraits de séries publiées outre-Atlantique. Corps à peine voilés par vêtements ou sous-vêtements, poses mettant en valeur poitrines et hanches, voire nudité parfois pleinement assumée et représentée : nous sommes loin des jupes écossaises chères à la pugnace Seccotine de la série Spirou et Fantasio. La pudibonderie n’est ici pas de mise, et ce à grande échelle, car L’Enfer des bulles montre bien que ces représentations peuvent être considérées comme pleinement structurantes.
Tel est le parti-pris de Jacques Sadoul qui dégage ici une typologie montrant clairement que l’invention de personnages féminins fait office de principe d’organisation de la production de la bande dessinée. L’Enfer des bulles est ainsi organisé en chapitres (regroupant de nombreuses images et présentés par de trop courtes introductions) consacrés aux « fiancées éternelles » (liées à un homme qui les épouse rarement, comme l’Olive de Popeye ou la Camille de Guy L’Éclair), « tarzannes » (assumant férocité et sexualité, telles Sheena, « reine de la jungle », ou l’Italienne Pantera bionda), « aventurières » (pouvant parfois devenir de véritables alter ego pour les héros masculins comme la célèbre Dragon Lady de Terry et les pirates) et autres « filles de l’espace » (exilées ignorant généralement tout de nos mœurs si peu libres et n’hésitant donc pas à disposer de leurs corps comme Barbarella)…

Jacques Sadoul, « Les tarzannes »,
L’Enfer des Bulles, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1968, p.77.

On cherchera ici en vain des analyses plus poussées de ces personnages, et il faudra s’en remettre à d’abondantes images fort riches en enseignements, car démontrant que la femme intègre pleinement le rang des stéréotypes propres à la bande dessinée. Sa représentation peut en effet être placée au fondement d’un « produit standardisé qui est à la clé de la diffusion et de la consommation de masse » [3] et donne lieu à nombre de personnages susceptibles de « règle[r] l’échange » [4] immanent au commerce du neuvième art. En atteste par exemple une véritable entreprise de duplication et la création récurrente de « clones » d’héroïnes à succès reprenant en partie leur apparence ou leurs caractéristiques : Sheena (qui apparaît en 1939) fut ainsi suivie par Camilla (reine de l’empire perdu qui dirigeait une armée de cavaliers juchés sur des zèbres) ou Tiger Girl (qui ne se déplaçait jamais sans son félin apprivoisé), alors que Barbarella donna naissance à Alika, Selene ou Auranella…

la femme : quel stéréotype ?
L’Enfer des bulles nous propose ainsi de penser la valeur qu’acquiert une bande dessinée participant clairement de la propagation d’images figées de la femme. Il serait en effet trop simple d’écarter d’autorité l’ensemble des productions qu’évoque Jacques Sadoul, car ces stéréotypes réservent bien des surprises. Ils ne semblent en effet pas forcément reposer sur des représentations de femmes comparables à des « potiches », éternelles compagnes d’hommes ayant le monopole de l’action, à l’instar de Barbarella qui décide absolument seule du cours de ses aventures et n’a de cesse d’affirmer une liberté : « Ils ont fait de moi une pute… Puis une sainte ! Ils finiront par me marier. » [5] Les « filles de papier » (pour reprendre le titre d’un autrre livre de ce même Jacques Sadoul, paru en 1971) ne sont donc pas forcément condamnées à jouer les utilités et n’ont parfois rien de créatures passives, même lorsqu’elles deviennent épouses.

Jacques Sadoul, « Les aventurières »,
L’Enfer des Bulles, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1968, p.112.

C’est le cas de la belle princesse Narda qui, avant d’épouser le magicien Mandrake, fut l’une de ses pires ennemis, tentant de l’empoisonner et de la poignarder avant de se faire jeter en pâture à un poulpe géant par son futur amant. Ce rôle résolument actif peut se faire sentir dans tous les aspects du récit, comme en atteste l’exemple d’une Sheena pour qui Jacques Sadoul semble éprouver une certaine tendresse : « À notre avis, l’authentique Tarzan lui-même aurait été envoyé au tapis pour le compte tant la reine de la jungle donnait une impression de puissance physique et de méchanceté. D’ailleurs, dans les premiers épisodes de la bande, quelques méchants tentèrent bien de capturer Sheena pour l’épouser ou abuser d’elle, mais ce ressort dramatico-érotique dut être abandonné en raison du caractère “fort” du personnage » (p. 65).

désirs de bande dessinée
Corps aux muscles saillants, regard fixe concentré sur la proie, crinière blonde n’ayant jamais connu les joies de la permanente : cette « Reine de la jungle » imaginée par Bob Powell (et reprise par Robert Webb) pour le compte du studio de Will Eisner et Jerry Iger est bien loin de sa « sexy » incarnation dans le terrible navet Sheena de John Guillermin. Et si érotisme il y a dans cette bande dessinée antérieure aux années 70, celui-ci ne prend donc pas seulement la forme des rondeurs et jambes effilées d’une « minette » comme la Miss Lace de Milton Caniff. Les images de L’Enfer des bulles montrent que le neuvième art sert des désirs plus variés comme dans le cas des « victimes » : « Si nous consacrons un chapitre entier aux héroïnes devenues de malheureuses victimes, c’est que nous estimons que ce ressort dramatique est essentiellement d’origine sexuelle puisque la femme liée, aux vêtements en lambeaux, menacée d’être battue ou torturée, est avant tout un objet érotique qu’on prépare à accepter d’autres caresses que celles du feu ou du fouet » (p. 209).

Jacques Sadoul, « Les filles de l’espace »,
L’Enfer des Bulles, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1968, p.157.

La lecture de ce livre nous invite ainsi à repenser l’érotisme en bande dessinée à l’aune d’une complexité, mais également à nous demander ce que deviennent aujourd’hui les désirs des auteurs et amateurs du neuvième art. Certains genres semblent en effet s’inscrire dans la voie de « l’érotisme de masse » que décrit Jacques Sadoul, et notamment une fantasy qui semble riche de personnages comparables à des « héroïnes classiques » (telle l’Aaricia de Thorgal, femme au foyer n’hésitant pas à manier l’épée pour défendre sa progéniture), à des « aventurières » (comme Kris de Valnor dans cette même série) ou à des « fiancées éternelles » (telle Cixi, éternelle amoureuse de Lanfeust). Mais, sorti de ce véritable paradis du stéréotype, les représentations se font bien plus complexes et innovantes, à l’image de la Valentina de Crépax qui n’hésite pas à allier phantasmes sado-masochistes et véritable désir d’enfant ou encore d’une Lady Snowblood pour qui le sexe semble constituer une arme bien plus qu’une source de plaisir. Notre propre enfer des bulles reste encore à écrire…

Benoît Berthou

Notes

[1] Huges Dayez, Le Duel Tintin-Spirou, Editions Luc Pire, collection « Luc Pire Électronique », 1997, p. 260.

[2] Stanislas Faure, « Entre protectionnisme et bonne tenue morale. Les éditeurs belges et l’article 13 de la loi sur les publications pour la jeunesse (1946-1967) », dans On tue à chaque page, Éditions du Temps, 1999, p.119.

[3] Ruth Amossy, Les Idées reçues. Sémiologie du stéréotype, Paris Nathan, 1991, p.25.

[4] Ruth Amossy, Idem.

[5] Jean-Claude Forest, Barbarella, Les Humanoïdes associés, 1994.

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3 Messages de forum

  • sexe et bande dessinée : l’enfer des bulles 19 février 2012 11:49, par jean pierre dionnet

    il faudrait un jour retrouver tous les articles haute volée sur la bande dessinee ecrits dans les années 7O par marcel Brion,sadoul,lacassin,couperie,goimard,beylie
    ,deffricheurs et pourtant,du fait de leur "culture generale" ayant ecrit des artcles qui restent aujourd’hui d’actualite
    publiés dans Fiction,le "giff wiff",le fansine Futuropolis,ou phoenix .....

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mercredi 14 janvier 2015

que lisent les assassins ?

par Harry Morgan

[Janvier 2015]

Cette évidence, il faut pourtant la rappeler : les assassins de Wolinski, Cabu, Charb, Tignous, Honoré et Oncle Bernard ne lisaient pas Charlie Hebdo.
C’est dans Inspire, le magazine en ligne d’Al Qaeda, que les assassins ont trouvé le nom de « Stéphane Charbonnie » (sic), dit Charb, à côté de dix autres intellectuels de tous pays, cartoonists, écrivains, cinéastes, journalistes, dans ce qui se présentait comme un avis de recherche digne d’un western, déguisement blagueur destiné au jihad judiciaire (au cas où l’auteur de l’affiche serait pris, il plaiderait la mauvaise plaisanterie, de façon à limiter la sanction pénale). Si le nom de Charb figurait sur cette affiche, c’est parce que les islamistes se sont déchaînés contre Charlie, du fait de la reproduction par l’hebdomadaire, en février 2006, des caricatures danoises du Jyllands-Posten (septembre 2005), et à cause du numéro de l’hebdomadaire titré Charia Hebdo, paru en novembre 2011. Mais en pratique, la connaissance qu’ont de Charlie ces réseaux, ainsi naturellement que les opinions publiques musulmanes, se borne aux quelques « unes » du journal qui circulent sur la Toile.

Dans cette hit list d’Al Qaeda, sur onze personnes, six y figurent à cause de caricatures. Trois personnes sont associées aux caricatures danoises du Jyllands-Posten, le rédacteur en chef Carsten Juste (orthographié Luste), le directeur des pages culturelles, Flemming Rose, le dessinateur Kurt Westergaard, auteur de la célèbre caricature de Mahomet avec une bombe dans le turban. Un autre dessinateur, Lars Vilks, est suédois ; il est visé à cause de ses dessins conceptuels représentant Mahomet comme une sculpture caniforme destinée à décorer un rond-point. La canadienne Molly Norris, quant à elle, eut le malheur de proposer sur la Toile, en avril 2010, un cartoon blagueur proposant que tous ceux qui savent tenir un crayon représentent Mahomet sous un forme quelconque (une tasse à café, un dé à coudre) de façon à « diluer la cible ».

Dans tous les cas, ces personnes sont visées non à cause des dessins eux-mêmes (il existe sur la Toile des milliers de dessins représentant Mahomet, souvent de façon extrêmement outrageante, qui ne suscitent strictement aucune réaction), mais parce que les réseaux d’extrémistes ont pris prétexte de ces dessins pour ameuter leurs coreligionnaires. C’est la médiatisation qui crée l’infraction, ce qui signifie, au passage, que les islamistes sont d’une parfaite hypocrisie, puisque ce sont eux qui diffusent les figurations prétendument interdites. Les assassins d’Al Qaeda sont en bout de chaîne.

La réaction française collective aux assassinats − l’unanimité faite autour de la défense de la « liberté d’expression » − apparaît par conséquent, au-delà du nécessaire affichage de l’union nationale, comme un singulier contresens. Le problème qui se pose à nous ne relève nullement de la liberté de la presse, puisque personne, pas même les terroristes ou leurs émirs, ne remet en cause la liberté d’écrire, d’imprimer et de diffuser un journal ; il s’inscrit dans le contexte beaucoup plus épineux des violences politiques. À cet égard, le nouveau régime que nous impose l’islam radical mondialisé nous met, individuellement et collectivement, dans la position de résidents du Soudan ou du Pakistan. N’importe qui peut à tout moment formuler l’accusation de blasphème contre n’importe quoi (un dessin, mais aussi un écrit, un film, un propos, un comportement etc.). Cette accusation est auto-validatrice, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun moyen d’y répondre ou de se disculper. La seule sentence applicable est la mort. (Et au risque de peiner madame Le Pen, précisons que l’importance numérique de la population musulmane en France ne change strictement rien aux données du problème. Au Danemark, où la population musulmane avoisinait les 4 %, il s’est trouvé un monsieur somalien pour tenter de tuer chez lui, le 1er janvier 2010, le dessinateur Kurt Westergaard.)

Le régime imagier nouveau repose sur l’utilisation systématique d’un tour de passe-passe sémiotique puisqu’un dessin de presse, qui est normalement une réaction à une actualité, qui prend parti sur cette actualité, et qui le fait de façon outrageante (ce caractère outrageant étant la définition même d’une caricature), est requalifié en « insulte » ou en « blasphème », dans l’ignorance délibérée de son contexte, de son contenu et de sa nature. Nous autres spécialistes de l’image savons bien que le public moyen est incapable de lire un dessin, interprétant de façon gratuite tel élément détaché de son contexte, et se montre plus ignorant encore de ce qu’on pourrait appeler le code social de l’humour graphique. Force est de constater qu’une telle ignorance fait le jeu des assassins, qui auront beau jeu de plaider qu’il y a « offense ».

Relevons pour finir que c’est une production textuelle, le roman The Satanic Verses, paru en 1988, et non une production imagière, qui a lancé dans le monde musulman ce qu’on pourrait appeler les plans concertés d’assassinat. Il n’est donc pas inutile de se référer aux mémoires de Salman Rushdie, parus il y a deux ans, sous le titre Joseph Anton, pour connaître le point de vue de l’auteur confronté à un tel phénomène. Rushdie consacre nombre de pages à ce fait qui demeure pour lui incompréhensible et irréductible : il a travaillé comme un forçat pendant cinq années pour produire un roman, et ce roman est brusquement réduit, par une interprétation discrétionnaire, à une « injure », comme si l’auteur avait écrit sur plusieurs centaines de pages : « Je chie sur Mahomet, je chie sur Mahomet, je chie sur Mahomet... » Cette ignorance de la nature même d’une entreprise littéraire, ignorance délibérée, ignorance revendiquée, est elle aussi criminelle.

Harry Morgan

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