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la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image

17. une typologie du lecteur selon les genres lus

20% des lecteurs de BD lisent de tout, mais peu

Les analyses engagées sur la lecture des genres de la bande dessinée peuvent laisser à penser qu’il existe certains archétypes de lecteurs de bandes dessinées, par exemple des personnes lisant exclusivement et en quantité importante des mangas ou bien des personnes lisant exclusivement et en faible quantité des albums traditionnels et des journaux d’humour, etc. Afin de vérifier l’existence de ces différents profils de lecteurs de bandes dessinées et de quantifier leur poids au sein de la population des lecteurs, un travail de typologie a été mené. Pour ce faire, il a été tenu compte, pour chaque lecteur, du nombre de bandes dessinées lues par genre.
Les résultats issus de cette première approche ne se sont guère avérés concluants, les différentes approches typologiques ne fonctionnant tout simplement pas. En fait, la démarche livre deux grands enseignements. Premièrement, les lecteurs de BD ont des pratiques extrêmement hétérogènes qui, lorsque l’on cherche à les agréger, donnent lieu à la formation d’une multitude de groupes aux effectifs très réduits. Deuxièmement, les « lecteurs exclusifs » ne peuvent être isolés des autres en raison de leur atypisme. En d’autres termes, bien que l’image de lecteurs de BD captifs d’un seul et unique genre puisse parfois être présente, dans les faits (tout du moins à travers l’enquête), ce type de lecteurs reste minoritaire. Quand on est lecteur de BD, on lit bien souvent de tout, sans s’interdire évidemment d’avoir une prédilection (plus ou moins prononcée) pour un ou plusieurs genres en particulier.

Partant de ces constats, une seconde approche typologique a été mise en œuvre, distinguant les lecteurs exclusifs (ou quasi) des autres lecteurs. Concrètement, les premiers ont été regroupés selon une méthode dite « volontariste » se basant sur le genre qu’ils lisent exclusivement (ou quasi) et le nombre de bandes dessinées qu’ils lisent. À cette fin a été retenu le seuil de 5 bandes dessinées lues, les petits lecteurs se situant en dessous de ce seuil, les autres au dessus. Quant aux seconds, ils ont été regroupés au moyen d’une méthode statistique : une classification ascendante hiérarchique (méthode de Ward).
Il ressort de cette démarche que les petits lecteurs multi-genres constituent numériquement le groupe le plus important au sein des lecteurs de bandes dessinées : près d’un sur cinq en fait partie. On trouve ensuite le groupe des lecteurs quasiment exclusifs d’albums traditionnels, qui réunit 14% des lecteurs de bandes dessinées. Trois autres groupes pèsent un peu plus de 10% : les moyens lecteurs de mangas et albums traditionnels, les petits lecteurs exclusifs d’albums traditionnels et les moyens lecteurs d’albums traditionnels et de journaux d’humour. Au total, 18 groupes ont ainsi pu être mis en évidence, dont certains très peu représentés : le « groupe » le plus marginal, celui des lecteurs quasiment exclusifs de romans graphiques, rassemble moins de 1% des lecteurs de bandes dessinées. Au final, c’est bien la multiplicité des pratiques de lecture de la bande dessinée qui est ici révélée.

Typologie des lecteurs de bandes dessinées selon le nombre de BD lues par genre :

Base : Lecteurs de bandes dessinées âgés de 11 ans et plus.