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le journal d’auto-amélioration de lisa

par Thierry Groensteen

[Avril 2021]

Une année exemplaire est un livre de 400 pages sorti durant l’été 2020, autoédité par Lisa Mandel grâce à un financement participatif.

Il s’agit d’une suite de planches en majorité autobiographiques, qui ne composent pas vraiment un récit filé mais obéissent à une forme cumulative qui est celle du blog, déjà pratiqué par l’autrice avec Libre comme un poney sauvage (Delcourt, 2006). Une fois rassemblées dans un livre, elles s’apparentent à une sorte de journal intime, à ceci près que Lisa Mandel n’écrit pas pour elle mais pour ses lecteurs et lectrices avec lesquel.le.s elle établit d’emblée une relation dialogique puisque les premiers mots de l’album sont « Bonjour les ami.e.s ».
Lisa s’est donnée un an pour vaincre ses multiples addictions : au tabac et à l’alcool, aux jeux vidéo, aux « séries débiles », à la junk food. Une année exemplaire n’est pas le premier « journal » en bande dessinée focalisé sur un sujet précis. On citera par exemple le superbe L, de Benoît Jacques (L’Association, 2010), qui était la chronique d’une crise amoureuse. Avec une différence notable entre les deux ouvrages : L était sans paroles, quand Lisa Mandel, au contraire, semble ne jamais s’arrêter de parler (on est agréablement surpris de tomber, tardivement, sur une ou deux pages muettes (voir J277 et J289)).

Du point de vue formel, la planche inaugurale fixe un gabarit qui sera respecté tout au long du livre : celui d’un gaufrier de douze cases carrées. Soit un nombre d’images élevé, rapporté au format de l’ouvrage. Nous serons tout du long dans des petites cases. Cette petitesse implique que la dessinatrice se concentrera sur l’essentiel, en éliminant ou en simplifiant le plus possible les décors. Elle est aussi porteuse d’une connotation d’intimité, de proximité. Une année exemplaire s’oppose, à cet égard, à Libre comme un poney sauvage, où les images, non encadrées et moins nombreuses, « flottaient » dans la page.
Cette régularité dans le dispositif est parfaitement en accord avec la régularité du rythme de production : une page par jour, pendant un an, avec un décompte de Jour 1 à Jour 365, plus un prologue de 17 pages et un épilogue d’une page. Tout ici est phasé, cadencé, et s’inscrit dans une démarche d’auto-discipline.

La première planche est aussi celle où nous faisons connaissance avec le « moi-personnage » qui représentera Lisa. Cet autoarchétype (pour reprendre un terme de Jean-Christophe Menu) conventionnel, qui n’a que peu à voir avec la personne réelle Lisa Mandel, a l’apparence d’une petite femme un peu ronde et courte sur pattes, avec les cheveux tombant sur les épaules, une grande bouche et les yeux cachés d’abord derrière des lunettes, lesquelles sont judicieusement abandonnées après un mois environ, ce qui restitue au personnage son regard et, partant, lui confère un surcroît d’expressivité.

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© chez l’autrice

Lisa Mandel apparaît avec parcimonie dans ses BD documentaires. Dans HP (L’Association, 2009), on ne la voit que dans le prologue ; dans Les Nouvelles de la jungle (Casterman, 2017) ou Prézizidentielle, le nombre de pages dans lesquelles elle figure est très réduit, et elle tend s’effacer derrière l’enquêtrice spécialiste du sujet (Yasmine Bouagga ou Julie Pagis). Contrairement à Etienne Davodeau dans Cher pays de notre enfance ou Les Ignorants, ou à Mathieu Sapin dans ses reportages dessinés, elle n’a donc pas pour habitude d’accompagner de sa présence les scènes qu’elle observe et rapporte.
Par ailleurs, elle affirmait dans Libre comme un poney sauvage : « Je n’assumerai pas de mettre ma vie privée en pâture… (…) alors que moi-même, la seule chose qui m’intéresse VRAIMENT dans les blogs d’autrui, c’est le déballage intime. » On peut donc penser qu’elle a dû, pour réaliser ces pages dans lesquelles elle s’expose continûment et sans fard, forcer sa nature réservée.
Non seulement Lisa se représente succombant à certaines de ses addictions (en particulier le jeu Clash royale), s’apitoyant sur son sort (elle « chouine ») ou bâclant certaines pages, mais elle expose sa nudité (voir en particulier J92 et J277), nous entretient de son épilepsie (dès le jour 4, puis de façon régulière) et de ses attaques de panique (J111), relate ses visites chez plusieurs psy successives et chez sa gynéco.

Si l’autoportrait est sans fard ni complaisance, s’apparentant parfois à l’autoanalyse, on peut s’interroger pour savoir si ces pages sont soumises au pacte autobiographique tel que l’a défini Philippe Lejeune, en particulier à la condition de l’identité entre l’auteur, le narrateur et le personnage, censés coïncider, et à l’engagement de dire « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité » [1].
La page J1 s’achève, non sur un dessin, mais sur une photo. Le plus souvent, dans les bandes dessinées autobiographiques, quand une photo est produite, c’est pour sa valeur d’attestation : ce que je vous raconte est vrai, en voici d’ailleurs une preuve. Ici, la photo du pingouin en chocolat avec des yeux en forme de cœurs – offert par la ville dont l’autrice est invitée d’honneur – a un côté à la fois rigolo et dérisoire. Le lecteur est enclin à penser que la photo vise simplement à le prendre à témoin de l’aspect kitsch, décalé, improbable de ce trophée. En même temps, elle confère un coefficient de réalité aux tentations contre lesquelles Lisa va devoir lutter si elle veut être fidèle à son programme de sevrage.

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© chez l’autrice

D’autres photos apparaîtront dans le livre, avec une certaine régularité (J37, J51, J68, J75, J82, J88, J96, J101, J120, J153, J232, J243, J299, J312). Elles sont le plus souvent dérisoires (photos de Beyoncé, de Macron et d’autres people, images tirées de séries ou de films de genre, photos de fesses ou de nombrils trouvées sur Internet…), témoignant d’un environnement médiatique envahissant et qui colonise les esprits, en les tirant le plus souvent vers le bas.

Une année exemplaire a été qualifié par Frédéric Potet dans Le Monde d’« album le plus drôle de la rentrée, et peut-être même de l’année ». Aux yeux du critique, l’autodérision s’y trouve hissée au rang d’art. Je serais pour ma part un peu moins dithyrambique. Car si le lecteur ressent pour le personnage de Lisa une empathie immédiate, le pari que se propose l’autrice de développer son propos pendant une année complète au rythme d’une page par jour suscite une attente qui est en partie déçue. Pour trois raisons.
1° Nul n’est visité par l’inspiration tous les jours, Lisa Mandel pas plus que quiconque, et dans le livre les pages jubilatoires ou touchantes alternent avec d’autres plus plates, ou redondantes.
2° Comme le résume le texte en quatrième de couverture, « Après (…) une révolution libanaise [le Liban est le pays d’où est originaire Léna, la compagne de Lisa], un séjour au Niger et l’apparition du Covid-9, son année prend un tour complètement imprévu ». L’actualité s’est invitée (Lisa enregistre aussi les décès de Claire Bretécher, Hubert, Albert Uderzo) et bouscule quelque peu le projet annoncé. La lutte contre les addictions passe au second plan, et quand l’autrice y revient son propos donne l’impression de patiner. En étant de plus en plus « hors sujet », la dessinatrice transforme son livre en un carnet ordinaire, un journal de bord enregistrant tout ce qui advient. Elle s’en justifie en ces termes : « J’étais partie sur un truc très frivole, mais avec le Covid au milieu et la révolution au Liban, mon année s’est inscrite dans une histoire qui l’a dépassée, et j’ai adoré ça. Je suis sortie du nombrilisme et du développement personnel pour raconter ce qu’est un être humain dans ma catégorie, ma communauté et mon monde [2]. » Ce qui certes n’est pas faux, mais constitue une manière avantageuse de présenter ce que le lecteur ou la lectrice ne peut s’empêcher de ressentir comme une rupture de contrat.
3° Au 120e jour, éprouvant le besoin de « faire des pauses », Lisa invite les autres dessinateurs qui le souhaitent, amateurs ou professionnels, à lui envoyer des pages. La suite du livre intègre ainsi une quarantaine de planches reçues, pour la plupart d’un intérêt très faible et qui engendrent une frustration : le sentiment que l’autrice ne tient pas sa promesse et se défausse, qu’elle fait du remplissage à bon compte. Le livre y perd grandement en unité et en cohérence.

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Jour 230 (extrait)
© chez l'autrice

Lisa elle-même semble plus d’une fois gagnée par le doute, par exemple quand elle s’exclame : « Franchement j’en ai MARRE de pas picoler. J’en ai MARRE de faire cette page de MERDE. J’en ai MARRE de me dessiner en train d’en avoir MARRE. » (J230) Enoncé remarquable, en ceci que Lisa associe dans un même rejet le projet de délivrance de ses addictions, la poursuite du livre rendant compte de ce combat, et le personnage de « chouineuse » qu’elle s’est construit.

Ces réserves faites, qui nous empêchent de considérer Une année exemplaire comme un grand livre, il est exact que, dans le registre de l’autodérision, nombre de pages sont réjouissantes. Au journaliste du news magazine culturel belge Focus Vif venu l’interroger, Lisa Mandel a confié : « Quand je commence à dessiner, dès que je pose le stylo sur la page, je me moque de moi. C’est instinctif. Rire de tes problèmes, c’est vraiment salvateur. » En bande dessinée, l’autodérision est une tradition qui remonte au tournant des années 1970, à Crumb, à Gotlib, à Aline Kominsky. Plus récemment, de Roberta Gregory à Larcenet, d’autres sont passés par là. Mais l’autrice lui donne des accents inédits. En particulier en s’inventant des autres Moi, en se projetant dans les personnages d’ASIL, son « double maléfique » (J15), de l’astronaute « Capitaine Mandel » (J65), d’« Ali Gragra » (J77), de la méchante Reine inspirée du conte de Blanche-Neige (J211, J216) ou tout simplement en se dédoublant (J193).

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© chez l’autrice

Ce faisant, elle s’inscrit plutôt dans la lignée de personnages de fiction imaginatifs comme Snoopy (aux nombreux avatars mégalomanes, de l’as de la Première Guerre mondiale à Joe Cool, l’« idole des campus ») ou le petit Calvin dans Calvin et Hobbes, prompt à se métamorphoser en Spaceman Spiff le spationaute ou en Tracer Bullet le détective privé. A ceci près que les doubles de Lisa ne sont pas valorisants : ils hypostasient ses hantises et ses défauts. C’est ce renversement qui fait le sel d’Une année exemplaire : l’imagination y suit toujours la pente de l’autodépréciation.

Pour sortir du soliloque, Lisa s’invente aussi de nombreux interlocuteurs imaginaires : Dieu, avec ses dix commandements sous le bras (J6) ; un gros œil noir (son surmoi) (J13, 24, 31, 71, 82, 107) ; la Mort (J19, 183, 347), « Rondeur Woman » (J50), le dessinateur qui s’applique (J73), la « pensée moisie » (J138), sa Bienveillance (J184), sa Destinée (J207), Lili, l’infirmière du Covid-19 (J292) ou encore la « gueule de gras » (J334).

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Jour 13 (extrait)
© chez l'autrice

Avec la plus grande aisance, l’autrice exploite pleinement l’une des ressources qui caractérisent en propre l’art de la bande dessinée, je veux parler de la capacité à passer incessamment et de la façon la plus fluide du « réel » à l’imaginaire. Affranchi de toute sujétion à la réalité, le dessin autorise toutes les exagérations, tous les fantasmes, les idées les plus absurdes, et les fait accepter. Il permet à Lisa de se transformer sous nos yeux en chien (J62) ou en mini-poney (J146), de personnifier et faire parler son cul ou ses mains, un cornet de glace, des parts de pizza, ou une idée (134).
(En matière d’exagération, on retiendra cette page très drôle que lui inspire le confinement, où elle se compte au nombre des captifs célèbres : Mandela, le Comte de Monte-Cristo ou Soljenitsyne (J285).)

L’autodérision se nourrit aussi du sur-jeu : rien que dans la première planche du livre, on compte six cases où Lisa a la main, le poing ou l’index levé. Sa bouche est le plus souvent grande ouverte (c’est sans doute pourquoi elle glisse, page J57, que l’on se souviendra d’elle comme de « celle qui dessinait un peu comme Marion Montaigne »). Certaines phrases sont écrites en lettres capitales pour leur donner du relief, du punch. Lisa sur-joue l’excitation et convoque avec malice tous les procédés rhétoriques visant à emporter notre conviction – tout l’arsenal d’une communicante de base.

Lisa Mandel ne nous laisse jamais oublier qu’elle fait de la bande dessinée. Elle en fait d’une manière qui semble instinctive mais que l’on pourrait aussi qualifier de démonstrative. Si elle s’aventure quelquefois du côté du travestissement [3] (J117 : « Coupez ! coupez ! » ; J126 : « Je dois laisser l’antenne »), c’est pour mieux nous rappeler, par l’absurde, que son médium est le dessin. Avec une certaine régularité, elle rend visible l’arbitraire du style qui fait le fond de son œuvre en changeant de trait, d’esthétique. Elle introduit une case plus réaliste, « remplie de petits traits » (voir J63, 64, 128, 140, 310 et surtout 326) ; ou bien elle pastiche d’autres univers graphiques, celui de la BD pour enfants (J214) ou de la BD « girly » (J233). A plusieurs reprises, elle se confronte à un hypothétique style « roman graphique » qui est bien entendu forgé de toutes pièces. Amorcé en J162, ce thème se déploie à la page suivante quand Lisa énonce la recette du roman graphique : « Il faut mettre un peu d’ésotérisme, un peu de sexualité déviante, des traumas d’enfance… Surtout, et c’est très important, il faut parler d’une guerre. Merci d’éviter les effets comiques. Faites des dessins incompréhensibles mais lourds de sens. Dessinez les décors à la règle. Portez des jeans taille haute et des écharpes » (souligné dans le texte). Une suite de commandements qui tient de l’inventaire à la Prévert, et qui dessine un cocktail assez improbable (les romans graphiques évoquant une guerre sont rarement les mêmes qui font droit à la sexualité déviante). La page est dessinée dans un style vaguement pop qui, lui non plus, ne semble renvoyer à aucun modèle précis, qui est juste un « autre » de celui de la dessinatrice. La thématique du roman graphique est portée à son comble en J284, où vous découvrirez comment cette forme de littérature, ayant provoqué l’ire de Dieu le père, est indirectement à l’origine du coronavirus !

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© chez l’autrice

Lisa Mandel se montre souvent, le temps d’une case ou deux, attelée à la réalisation de sa page du jour, la narration se doublant alors d’un niveau réflexif. Certaines planches ouvertement méta ont pour sujet leur réalisation même ; voir notamment J23 (« Je vais copier-coller la même case, ni vu ni connu je t’embrouille »), J108 (« Et vous savez où vous pouvez vous la mettre la chute ? »), ou encore J72, 102, 150.
Par ailleurs, de nombreuses pages montrent que la dessinatrice est immergée au sein d’une communauté d’auteurs et d’autrices. Entre collègues, on se compare, on s’évalue (hilarante planche J211), on fraternise, on parle boutique et on se serre les coudes dans l’adversité, comme le montre la page J225 militant pour le renforcement des droits des auteurs.

Codirectrice de la collection « Sociorama » chez Casterman, Lisa Mandel est une fine observatrice de la société, de ses fractures et de ses tabous. Ses prises de position personnelles, sur les questions de mœurs en particulier, sont toujours implicites et discrètes.
Ainsi, une page sur deux cathos de droite, Marie-Angélique et Pierre-Gilles (J218), est introduite par un petit dessin montrant deux religieuses qui s’embrassent.
Sa propre homosexualité est assumée avec simplicité, comme une évidence. S’agissant de sa relation avec Léna, thématisée dans de nombreuses pages, elle dit : « Le fait que je m’affiche avec elle, sans en faire un sujet, a fait beaucoup de bien à beaucoup de gays et de lesbiennes. Je suis contente de m’adresser à tout le monde en étant ce que je suis, et beaucoup m’ont remerciée pour ça [4]. »

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Jour 210 (extrait) : Lisa et Lena
© chez l'autrice

Finalement, de quoi procède ce livre ? Voici la réponse proposée à la page J158 : « Parfois je me dis que tout ça c’est une fuite en avant pour éviter de faire face à mes vrais problèmes. A savoir : être une blanche privilégiée qui ne sait plus quoi foutre de son temps libre. »
Pour beaucoup, le coronavirus a quelque peu bouleversé la notion de temps libre. Mais les auteurs de bande dessinée mènent ordinairement une vie de confinés. Une année exemplaire s’élève très au-dessus de « la bande dessinée autobiographique de glande » (J274), un « secteur pris d’assaut » en 2020. En dépit de ses impasses, c’est un album d’une grande richesse, d’une constante inventivité, et qui procure de nombreux bonheurs de lecture.

Thierry Groensteen


[1Voir Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Paris : Seuil, « Poétique », 1975, p. 15 et 37.

[2Olivier Van Vaerenbergh, « L’année exemplaire de Lisa Mandel », Focus Le Vif, [en ligne], 28 septembre 2020 ; URL : https://focus.levif.be/culture/livres-bd/l-annee-exemplaire-de-lisa-mandel/article-normal-1336071.html

[3Sur cette notion, je me permets de renvoyer à mon article « Feintise et travestissement : la BD maquillée », RS/SI, vol. 37 (2017) n° 3 / vol. 38 (2018), n°s 1-2, Montréal, Association canadienne de sémiotique, janvier 2019, p. 19-32.

[4Olivier Van Vaerenbergh, « L’année exemplaire de Lisa Mandel », op. cit.

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