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gare aux gorilles !

par Thierry Groensteen

[Juin 2016]

Dans la première partie de cette étude, nous avons principalement eu affaire à des singes de compagnie, pour la plupart sympathiques, facétieux, « malins comme des singes », souvent porteurs d’un comique qui joue tantôt de l’imitation des humains, tantôt de l’inversion des codes supposés distinguer ceux-ci des animaux. Dans cette deuxième partie, nous rencontrerons un certain nombre de singes qui veulent domestiquer ou asservir l’humanité, et nous nous mesurerons aux gorilles qui, à l’instar de King-Kong, sèment l’effroi.

Petit tour d’Europe à grande vitesse


Puisque j’ai parlé d’Hergé, je me tournerai quelques instants vers un autre grand auteur belge, mais côté flamand : Willy Vandersteen, qui collabora du reste au journal Tintin de 1948 à 1959. Car Vandersteen aussi fit montre d’un goût prononcé pour les singes. On se reportera notamment aux épisodes de sa série vedette, Bob et Bobette (Suske en Wiske en V.O.) intitulés Le Singe volant, Le Joueur de tamtam et Le Baobab trembleur (respectivement n°s 55, 88 et 152 dans la « collection rouge »). Toutefois, les deux albums les plus significatifs sont à mon sens La Kermesse aux singes (1965) et La Fleur de la jungle (1969).

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Willy Vandersteen, La Kermesse aux singes.
© éditions Erasme

Dans le premier cité, le professeur Barabas découvre que, sous l’effet des rayons émis par une météorite, les singes sont devenus doués de raison. De fait, ils ont élu une sorte de gouvernement, un « Conseil des Sept Singes » (singes et non sages !), au sein duquel plusieurs espèces sont représentées, mais dont la présidence est assurée par l’autoproclamé souverain « Go Rille Ier ». Ce dernier a pour projet d’assurer la domination des primates sur le monde. Lambique, déguisé en singe, s’infiltre dans le conseil, mais il est rapidement démasqué. Go Rille prend le pouvoir et instaure une dictature militaire. Il s’ensuit une aventure échevelée avec voyage dans l’espace, déploiement de moyens militaires, allusions à James Bond, et pour finir… destruction de la météorite, à la suite de quoi les singes regagnent bien tranquillement leurs cages.

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Willy Vandersteen, La Fleur de la jungle.
© éditions Erasme

D’une tout autre tonalité, La Fleur de la jungle est une variation sur le Livre de la jungle. Un musicien des rues est flanqué d’un petit singe ramené d’Inde, Monky. Un certain Kipling lui aurait appris à parler. Le forain refuse l’offre d’un maharadja qui veut lui acheter Monky pour vingt millions de dollars. Après avoir tenté d’enlever le petit singe, le Maharadja décide de cacher pour lui un diamant dans un temple en ruines, grâce auquel Monky deviendra le roi de la jungle. L’action se déplace alors dans le temple en question, avec Lambique déguisé en Baloo et Jérôme en Bagheera ! Monky, pendant que l’on se bat pour lui, conte fleurette à une charmante guenon au pelage blanc. Et, naturellement, tout sera bien qui finira bien.

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Mary Tourtel, Rupert and his Pet Monkey (1928), extrait.

Il est impossible de proposer ici un panorama même indicatif des singes qui ont hanté la bande dessinée internationale. Ils sont bien trop nombreux, on en trouve partout, notamment dans les séries enfantines, et, comme vedettes ou simples comparses, dans quantité de séries animalières.
Deux mots, tout de même, sur quelques personnages de la bande dessinée britannique. Je citerai simplement ici le merveilleux Rupert Bear, ce classique de la bande dessinée anglaise, dû au crayon de Mary Tourtel. Rupert se lie d’amitié avec le singe Jacko dans sa toute première aventure, publiée en volume en 1921 sous le titre The Adventures of the Little Lost Bear. Et en 1928, le petit ours recevra un animal de compagnie, qui sera à nouveau un singe, cette fois baptisé Beppo (Rupert and his Pet Monkey).

Il y avait déjà un singe parmi les camarades de classe (connus sous le nom générique de « Bruin Boys » parce qu’ils fréquentent l’école de Mme Bruin) de Tiger Tim, le héros de Julius Stafford, au faite de sa popularité dans les années vingt.
Dans l’hebdomadaire The Dandy, une communauté animale, située en Afrique, était mise en scène, dès le n°1, paru le 4 décembre 1937, sous le nom de Bamboo Town. Elle était rejointe par deux chimpanzés, Pongo et Bongo, auparavant pensionnaires dans un zoo. Ils allaient rapidement endosser un rôle de leaders et enseigner la civilisation aux autres bêtes plus rustiques. Ils étaient, du reste, les seuls animaux à être représentés habillés, et même assez élégants (Bongo fume le cigare). Le créateur de la série était Charlie « Chick » Gordon, un cartoonist populaire, actif jusqu’à la fin des années quarante.

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Chick Gordon, Bamboo Town. (droits réservés)


Un autre hebdomadaire, The Topper, lancé par D.C. Thomson en 1953, eut longtemps à la une le personnage de Mickey the Monkey, un singe animé par le prolifique Dudley D. Watkins. Les histoires étaient développées en une seule page et consistaient généralement en scènes domestiques, dans lesquelles le dit Mickey, souvent accompagné de son ami le perroquet Polly, se montrait plutôt stupide, maladroit et malchanceux.

Bien plus tard, il y aura un singe gauchiste, défendant les droits de l’animal, dans If, de Steve Bell, le strip du Guardian lancé en 1981.

On trouve aussi des singes en Italie, sous la signature de Sebastiano Craveri, grand spécialiste de la BD animalière, et dans le Corriere dei Piccoli. L’un des personnages éphémères d’Antonio Rubino, un petit garçon des rues prénommé Girellino (1919), est flanqué d’un singe qui porte une veste rouge et s’appuie sur un bâton. Dans l’épisode du 27 juillet, on le voit même s’adonner avec succès à la peinture.

D’autres singes hantent le Corriere dans les années trente, en particulier Zag, singe « au cœur d’or » qui, cherchant du travail, se fait engager par l’hebdomadaire comme « nouveau personnage comique ». Dans la dernière case du numéro qui marque ses débuts (7 octobre 1934), il est adoubé par les héros récurrents du journal, Marmittone, Baldo, Bonaventura, Monsieur Illico et le Capitaine des Katzenjammer Kids. (Je n’ai malheureusement pas réussi à identifier le dessinateur.)

De l’autre côté de l’Atlantique

Je me tournerai à présent vers le domaine américain. Pour noter tout d’abord que le singe n’a pas droit de cité dans ces sommets de la BD animalière que sont Krazy Kat et Pogo, pour la bonne raison que celles-ci sont localisées respectivement en Arizona et en Géorgie et ne font appel qu’aux espèces représentées dans la faune locale.
En revanche, des singes apparaissent occasionnellement dans le strip de Mickey dessiné par Floyd Gottfredson, par exemple dans Mickey et le trésor (Hachette, 1934). Je pense surtout à l’épisode Blaggard Castle (dialogué par Web Smith, encré par Ted Thwaites) paru du 12 novembre 1932 au 10 février 1933, et qui s’inspirait du dessin animé The Mad Doctor. En effet, Mickey y affronte trois savants fous aux traits simiesques ‒ les professeurs Ecks, Doublex et Triplex ‒ qui veulent asservir le monde au moyen d’un rayon hypnotique de leur invention. En retournant le rayon contre eux, Mickey réussira à les réduire à sa merci, non sans avoir connu auparavant quelques belles frayeurs. Les trois déments sont en effet particulièrement effrayants. Leurs grimaces, leurs lunettes vertes, leurs longs bras hérissés qui font songer à des pattes d’araignée composent une silhouette propre à frapper les esprits, et Gottfredson s’est appliqué à différencier ses trois singes, à doter chacun d’une personnalité graphique forte.

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Extrait de Blaggard Castle.
© Walt Disney Enterprises, Inc

Felix the cat est l’autre strip animalier populaire de l’époque. Félix ne manque pas de croiser quelques singes sur sa route (voir notamment les albums Félix et Riri, 1934 ; Félix au pôle sud, 1935, et Félix et le fakir, 1938), avec lesquels il a généralement des relations aussi brèves que conflictuelles.

Les singes sont particulièrement nombreux dans The Katzenjammer Kids de Harold Knerr, surtout à partir de 1936 quand, après avoir voyagé autour du monde, ils s’installent sur les Squee-Jee Islands, au large de l’Afrique équatoriale. Deux chimpanzés du nom de Willie et Nilly, grand amateurs de banane, se mêlent alors aux jeux des enfants. Entrer autres talents, on les voit jouer du violon. Un troisième singe, qui se désigne lui-même comme Tar-Pan, devient une sorte de nounou qui veille sur les garnements. Il parle par onomatopées ; habile à la pêche, il lui arrive de nourrir toute la maisonnée ; il sait aussi faire des crêpes.

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Harold Knerr (d’après Rudolph Dirks).
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© King Features Syndicate

Rudolph Dirks, le créateur des Kids, a pu lui aussi s’amuser occasionnellement avec les singes. Témoin cette page du 4 décembre 1938 (ici en version française, telle que l’a publiée Junior-Tarzan dans son No.157, le 30 mars 1939), où les deux galopins prennent prétexte d’une leçon d’histoire naturelle pour établir la parenté entre le capitaine et la gent simiesque.


Cependant, il faut rendre à César ce qui appartient à Gus Mager : ce dessinateur né en 1878, fils d’immigrés allemands, avait été le premier à créer une série, dès 1904, dont les personnages avaient tous des traits simiesques. Ses Monks (pour monkeys) allaient s’individualiser et jouer tour à tour les vedettes. Ainsi se succédèrent, dans le rôle titre, Knocko the Monk, Rhymo the Monk, Mufti the Monk, Freshy the Monk, Henpecko the Monk, Groucho the Monk (selon certaines sources, Mager auraient inspiré leurs noms aux Marx Brothers). Le plus populaire de cette lignée allait être Sherlocko the Monk, en 1910, parodie de Sherlock Holmes. Toutefois les singes de Mager avaient de moins en moins l’air de ce qu’ils étaient et ressemblaient de plus en plus à des humains, dont seule la bouche trahissait encore l’origine.

Le chef-d’œuvre de Winsor McCay Little Nemo in Slumberland comporte une séquence très intéressante et rarement citée. Elle dure 7 semaines, à partir du 8 août 1909. Nemo, Spip et un troisième larron du nom de Kiddo escaladent des palmiers pour ne pas être capturés par des singes coiffés de casques d’explorateurs, très excités d’avoir découvert de si beaux « spécimens d’humanoïdes ». Les singes les capturent, les mettent en caisses et les expédient au zoo où ils sont encagés, exhibés comme « lointains ancêtres de notre race ». Les singes tiennent les trois captifs pour féroces. Cependant un célèbre dompteur, le « professeur Gorilla », pénètre dans leur cage pour les mater à coups de fouet. Or c’est lui qui se fait proprement rosser et assommer par les prisonniers. Les singes changent alors de méthode et s’y prennent par la douceur, distribuant cigares, nourriture et calins. Toutefois ils n’abandonnent pas l’idée de dresser les trois « humanoïdes » et entreprennent de leur enseigner des tours de cirque. Rejoints par Impy, Nemo et ses amis présentent leurs tours dans la rue, et réussissent à s’échapper.

Cette séquence feuilletonesque est entièrement fondée sur l’inversion des rapports entre humains et primates : les singes traitent leurs prisonniers exactement comme l’humanité a pour habitude de les traiter, eux. On peut observer que les singes parlent dans des bulles semblables à celles de nos héros mais que les uns et les autres ne se comprennent pas. Le seul personnage qui soit muet est Impy.

Ne quittons pas McCay sans signaler une planche des Dreams of the Rarebit Fiend dans laquelle deux chimpanzés savants, qui se produisent dans les music-halls, décident de rompre tout lien avec les « montreurs » qui les exploitent, quittent le métier et commencent à mener la belle vie en ville, habillés en bourgeois. C’est Consul, le premier des deux singes, qui fait ce rêve, pour avoir mangé des toasts au fromage. (Des singes apparaissent également dans au moins deux autres planches de la série.)

Arthur Poinier fera vivre un chimpanzé exubérant dans son strip Jitter, publié de 1936 à 1943.

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Jitter, page du dimanche (s.d.), moitié supérieure.

Gardant pour un peu plus tard l’évocation de Popeye, je dirai encore un mot de deux autres newspaper strips beaucoup plus récents, qui constituent deux curiosités. Rudy in Hollywood a été distribué par l’UFS de 1983 à 85 et était l’œuvre du vétéran William Overgard (né en 1926). Il s’agissait d’un strip humoristique dessiné dans un style réaliste, dont le personnage titre était un bonobo (une première !) doué de parole et fumant le cigare, qui offrait une ressemblance certaine avec l’acteur George Burns, une vedette du vaudeville. Rudy faisait carrière au cinéma et comme acteur de stand-up.

Le deuxième strip est Liberty Meadows, de Frank Cho (1995-2004 et irrégulièrement depuis), qui a connu en 2002 et 2005 une traduction française en 6 tomes, chez vents d’Ouest, sous le titre Psycho Park. C’est une œuvre assez foutraque, à peu près impossible à résumer, dont l’action est située au sein d’un centre thérapeutique pour animaux. Le style graphique est composite, assurant l’improbable cohabitation entre le personnel humain du centre, dessiné de façon réaliste (notamment la pulpeuse psychologue Brandy, dont les charmes ne sont sans doute pas étrangers à la relative popularité du strip), et les animaux pensionnaires, qui obéissent aux canons du funny animal strip, parmi lesquels un porc phallocrate, un ours de cirque et une grenouille hypocondriaque. A partir de 1998, l’auteur se met lui-même en scène dans certains strips, sous les traits d’un chimpanzé s’adressant directement au lecteur. Mais la présence des singes dans Liberty Meadows passe aussi par des fictions enchâssées : ainsi, les pensionnaires du centre se délectent eux-mêmes d’une bande dessinée de presse intitulée « Schecky, le roi des singes » et d’un feuilleton télévisé consacré au « Grand Ping Pong » (contemporain des dinosaures !). Un strip de 1997 suggérait même que la planète Mars était peuplée de singes, et qu’on y souffrait d’une pénurie de femelles. Quant au site internet de Cho, il s’intitule Apes and Babes.

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Frank Cho en chimpanzé dans Psycho Park.
© éditions Vents d'Ouest

Du côté des grands singes

Avec Ranko (L’Ile noire ; cf. le premier volet de cette étude), Hergé avait donné l’exemple d’un gorille finalement beaucoup moins terrible qu’il n’en avait l’air, dès l’instant où l’on savait s’y prendre pour l’amadouer. Belzébuth, le gorille introduit par Paul Cuvelier aux côtés de son jeune héros Corentin Feldoë, appartient à cette même famille. Il figurait déjà, tout comme Moloch le tigre, dans les huit illustrations en couleurs que Cuvelier avait montré à Hergé en 1946 et qui lui avait valu d’être aussitôt intégré à la petite équipe qui allait lancer le journal Tintin en septembre de la même année.

Dans L’Extraordinaire Odyssée de Corentin, le petit orphelin breton embarqué malgré lui sur un brick voguant vers les mers du sud, affronte d’abord des pirates puis, resté seul à bord, rencontre dès la huitième planche de l’épisode le gorille, forcément « monstrueux », qui « a sauté du haut des frondaisons sur le navire échoué ». L’animal cherche à attraper le garçon, mais se fait ensevelir sous des caisses. Corentin cherche alors à le secourir. Mais une tempête survient et il doit gagner le rivage. Le lendemain, il y retrouve le gorille, qui, reconnaissant, le sauve de l’étreinte d’un gigantesque serpent. Une banane vient sceller le lien entre « les deux nouveaux amis ». Corentin baptise le grand singe du nom de Belzébuth. Dans les pages suivantes, le trio se complète avec la rencontre de Moloch, le tigre. Le jeune Kim arrive à la page 20. Et voilà Corentin déjà flanqué des compagnons d’aventures qui seront à ses côtés pendant trois décennies.

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Naissance d’une amitié dans L’extraordinaire Odyssée.
© éditions du Lombard

La présence des deux animaux n’est, à vrai dire, qu’intermittente. Ils disparaissent pendant de longues séquences, pour resurgir à point nommé quand il faut débarrasser le jeune héros d’un adversaire ou le sauver d’un péril. Sans chercher véritablement à l’humaniser, Corentin fait de Belzébuth un être sensible, à la fois fort et agile, et faisant montre de quelques dons inattendus : il pêche (dans la réalité les singes détestent l’eau), joue du couteau, paraît rompu à toutes les techniques de combat... Cuvelier, qui déclarait « ma créativité se limite à la représentation réaliste de l’animal », excelle dans l’animation de ces deux créatures sauvages, comme dans la représentation des chevaux (même s’il prête curieusement à Belzébuth un pelage dont la couleur évoque davantage celui d’un orang-outang que d’un gorille). Globalement, compte tenu du faible nombre de pages dans lesquelles il joue un rôle, Belzébuth reste pourtant un personnage sous-employé.

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© King Features Syndicate

Quelques mois après la mort d’Elzie C. Segar, Bud Sagendorf, son ancien assistant, introduisit un gorille dans les sundays de Popeye, le temps d’un bref épisode entamé le 30 avril 1939. Deux savants barbus et vêtus de noir (sorte de version parodique des frères Halambique), les professeurs Peroxyde et Cartilage, décidé de vérifier expérimentalement « s’il est exact qu’aucun homme ne peut vaincre un gorille ». Ils organisent un combat entre « un jeune géant de l’espèce » et Popeye. Les deux champions s’y préparent, le singe entraîné par les deux savants, et Popeye par Wimpy. Notre ami ingurgite d’impressionnantes quantités d’épinards, mais il constate que son adversaire a lui aussi pris goût au légume vert censé dispenser de la force. Le gorille (qui n’émet d’autre son que « G-R-R-R ») fait à plusieurs reprises la démonstration de la sienne, notamment en soulevant des arbres ou en brisant un tronc en deux. Mais c’est finalement Popeye qui a le dessus. Il ruine toutefois toute prétention des deux savants à en tirer une conclusion scientifique sur la puissance comparée de l’homme et du gorille : « Ça prouve seulement que j’ai mangé plus d’épinards que lui. V’là tout ! » En France, cet épisode a paru en feuilleton dans Robinson, du No.177 (17 septembre 1939) au No.181 (15 octobre).

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Pellos (Jean Pellarin, dit) et Jean Sylvère, Durga Rani.
© éditions Glénat

Le Français Pellos dessine Durga Rani, reine des jungles en 1947 dans Fillette, sur un texte de Jean Silvère. Durga Rani est de la famille des « tarzannes », qui sont beaucoup plus nombreuses dans la BD américaine. Orpheline et « désespérée de la méchanceté des hommes », elle s’est réfugiée dans la jungle et est devenue la reine des bêtes sauvages. La première partie du récit oppose un bon gorille à tout un peuple de « singes-hommes » qui ne se sont pas rangés sous l’autorité de Durga Rani. Le bon gorille est le plus proche compagnon de la reine et a toute sa confiance : il est, très curieusement, désigné sous le nom d’Hanuman (an-human !). Inversement, on ne voit pas en quoi ces soi-disant « singes-hommes » sont différents de singes ordinaires. Si Hanuan est « subtil et rusé », eux ne sont que de sombres brutes, manipulés et galvanisés par leur chef, le redoutable Loum-Kaloum, un tyran. Après une bataille épique entre les « singes-hommes » rebelles et les troupes restées fidèles à Durga Rani, cette dernière l’emporte, et Loum-Kaloum finit écrasé sous la patte de l’éléphant Hogh-le-sage.

Bien avant La Planète des singes, le thème des singes qui combattent les hommes et veulent les asservir apparaît donc dans plus d’une bande dessinée. Nous l’avons identifié chez Vandersteen et chez Pellos. On le retrouve dans Le Rayon U, de Jacobs, et, dans une configuration un peu différente, dans Guerre à la Terre, de Marijac, Liquois et Dut.

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Edgar P. Jacobs, Le Rayon U.
© éditions Blake et Mortimer

Première bande dessinée du futur créateur de Blake et Mortimer, Le Rayon U parut en 1943 dans Bravo. On rencontre, ici aussi, des « hommes-singes », qui vivent dans une impressionnante cité lacustre, reliée à des arbres géants par des ponts de liane. Cette peuplade a enlevé une partie de l’expédition conduite par le héros, Lord Calder. Les « hommes-singes », d’une taille impressionnante (mais moins effrayants que les tyrannosaure, serpent géant et autre tigre à dents de sabre rencontrés dans les séquences antérieures), semblent très organisés. En dépit de leur niveau de culture manifeste (dont témoignent leurs armes, leur architecture, leur maîtrise du feu, etc.), ils ne s’expriment que par onomatopées. À leur tête, un roi qui n’a pas de nom mais dont le costume est assez croquignolet : pagne, chapeau emplumé et cape rouge de superhéros ! Le monarque tombe amoureux de sa prisonnière, la belle Sylvia Hollis (collaboratrice du professeur Marduk), et la proclame « déesse de la cité ». Cette promotion n’est pas du goût de certains officiers qui vont se rebeller. Les héros profiteront de la confusion (la guerre civile qui s’est déclenchée parmi les hommes-singes a pour effet que la cité finit par se consume dans « un immense brasier ») pour s’enfuir et recouvrer leur liberté.

Jacobs, Pellos et Vandersteen ont deux convictions en commun : les singes ou hommes-singes sont attachés à la monarchie, et leur chef est rarement insensible aux charmes des femmes (même « Go Rille Ier », dans La Kermesse aux singes, flirtait avec Sidonie).

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Marijac et Liquois, Guerre à la Terre.
© éditions Glénat

Variation sur le thème de la guerre des mondes publiée en 1945-46 dans Coq Hardi, Guerre à la Terre met en scène des « Martiens » belliqueux, qui ont l’apparence de petits êtres macrocéphales et se déplacent dans des aéronefs sphériques hérissés de pointes. Non seulement ils s’allient aux Japonais pour asservir le reste du monde, mais ils ont soumis et enrôlé un peuple extraterrestre de singes géants, qu’ils utilisent comme troupes mercenaires, autrement dit chair à canon. Les soldats de cette « armée d’invasion » ont les oreilles pointues, de longues mèches sur les joues et les canines effilées ; le héros du récit, un capitaine français nommé Jean Veyrac, leur trouve une ressemblance avec les premiers hommes et, dans les récitatifs, ils sont tour à tour de qualifiés de singes, d’hommes-singes, de horde misérable, de monstres ou tout simplement de brutes. Le signe distinctif le plus étrange est qu’ils n’ont pas de regard : leurs yeux semblent morts. Les événements montreront en outre qu’ils ne résistent pas au froid.

Le motif du singe géant hostile et effrayant, fortement ancré dans la culture populaire, connaît évidemment son incarnation la plus célèbre dans King-Kong. Bien que le gorille soit en réalité un animal doux et pacifique, qui n’a pas besoin de faire usage de sa force puisqu’il ne connaît pas de prédateur (en dehors de l’homme), il a régulièrement été assimilé au type même du monstre bestial. Par exemple sur cette célèbre affiche de l’armée américaine appelant à s’enrôler, pendant la Première Guerre mondiale, pour faire échec à l’Allemagne, cette « brute insensée » ; ou encore sur cette affiche du cirque Barnum.

Il hantera aussi la « nouvelle BD » des années 60 et 70, en particulier ces deux récits avant-gardistes en miroir que sont Arzach, de Moebius, et Allô ! Nous avons retrouvé M.I.X. 315 ! Il est vivant. Nous allons le sauver !! (en abrégé M.I.X.), de Poïvet. Rappelons que M.I.X. est un récit en 12 planches paru dans Comics 130 No.5 en 1971, mais vraisemblablement dessiné en 1965 [1]. Le singe géant apparaît au bas de la deuxième planche et c’est en tentant d’échapper à son étreinte que le protagoniste tombe dans un trou qui communique avec le palais d’une mystérieure reine.

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Le primate monstrueux chez Poïvet... (droits réservés)
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... et chez Moebius
© Les Humanoïdes associés

Il figure bien entendu au nombre des motifs « empruntés » par Moebius, au même titre que la végétation tentaculaire, les habitations troglodytes, les oiseaux-montures et l’arche en ruine. Mais le monstre géant qu’affronte le guerrier mutique de Moebius (représentant d’une espèce inconnue qui n’est apparentée aux primate que par son allure générale) est de beaucoup le plus effrayant, avec son pelage rouge, ses attributs sexuels bien visibles, ses dents et ses griffes pareillement effilées.

Si King-Kong a connu de nombreuses versions cinématographiques (en 1933, 1976, 2005 et 2017, pour les versions principales) et inspiré quantité de films de monstres, il n’a pas donné lieu à beaucoup de bandes dessinées mémorables. Même la version imagée par Guido Buzzelli (21 pages sur scénario de Jean Sanitas, dans Pif No.887, en février 1986) est assez peu inspirée.

Reste… une curiosité : en 1948, à Clermont-Ferrand, un nouvel hebdomadaire illustré du nom de King-Kong, lancé par les éditions de Navarre, affichait en une, dès le premier numéro, une bande éponyme signée Edmond-François Calvo. Il n’en dessina que 6 planches, passant abruptement le relais (pour une raison inconnue) à Raymond Poïvet (tiens tiens !) dès le n° 7. Ces planches (reprises dans Bang en 2004) n’en demeurent pas moins l’une de ses meilleures productions dans le style réaliste. Si la première phrase est prometteuse (« Un souffle de terreur régnait sur la jungle… »), le scénario est malheureusement des plus lâches et n’a que très peu à voir avec celui du chef-d’œuvre de Cooper et Schoedsack. À noter : le cri de la bête est « Hing ! Hong ! »

On signalera aussi la parodie, dans l’esprit de MAD, parue dans le No.11 du comic book de la Marvel Not Brand Echh (déc. 1968) sous le titre « King Konk ‘68 », avec Roy Thomas au scénario et Tom Sutton au dessin. Cette variation loufoque sur le mythe fourmille de gags et de références tant à l’univers du cinéma qu’à celui de la bande dessinée. Tarzan y apparaît, dans la première case de la planche 6.

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© Marvel Comics Group

Du côté de chez Tarzan

Tarzan, de son vrai nom John Clayton III, Lord Greystoke, est le fils d’aristocrates anglais qui ont été débarqués dans la jungle africaine à la suite d’une mutinerie. À la mort de ses parents, il est recueilli par une tribu de grands singes, les manganis, une espèce inconnue de la science, qui tient à la fois des gorilles, des chimpanzés et des premiers hominidés. Ils sont dotés d’une forme primitive de langage ; en mangani, Tarzan signifie « peau blanche » [2]. Lui acquiert une maîtrise parfaite de l’anglais, rien qu’en lisant les livres d’images qu’avaient emportés ses parents. Devenu adulte, Tarzan sera toujours partagé entre les singes qui l’ont adopté et élevé et le monde des humains, entre ceux qui l’ont aimé et ceux qui lui ressemblent.

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Dessin d’Harold Foster.
© Edgard Rice Burroughs, Inc.

Telle est l’histoire de l’un des personnages les plus mythiques de la littérature populaire, inventé par Edgar Rice Burroughs en 1912. Comme l’on sait, les avatars du « seigneur de la jungle » sont innombrables dans la bande dessinée, et naturellement les singes tiennent une place de choix dans toutes ces « tarzaneries » (et plus généralement dans les séries d’aventures dans la jungle ; on trouve, par exemple, des chimpanzés dans Raoul et Gaston, alias Tim Tyler’s Luck, de Lyman Young).

(Burroughs a également créé la race des singes géants blancs, qui terrorisent les Martiens dans ses romans de science-fiction ayant pour héros John Carter. Les artistes de chez DC Comics se souviendront d’eux dans les Weird Worlds Comics des années 70.)

Cheeta, la femelle chimpanzé, n’est jamais apparue dans aucun des romans originaux de Burroughs, mais seulement dans les adaptations. En revanche les gorilles (qui se substituent le plus souvent aux improbables manganis) pullulent. Même si, en principe, Tarzan commande aux grands singes, leur relation n’est pas toujours pacifique. Témoin cette scène dessinée par Harold Foster, dans laquelle Tarzan doit affronter le redoutable Bolgani, un gorille gigantesque devenu fou et « dangereux pour tous les animaux de la Grande Forêt ». Dans une autre scène (reproduite ici d’après la série des albums Hachette, publiés dans les années 30, où la planche était démontée et les textes, abondants, adaptés pour la jeunesse), Tarzan, accompagné de Linda, est fait prisonnier par une bande d’orangs-outangs (car les gorilles cohabitent avec des orangs-outangs dans cette Afrique de fantaisie !) dont, naturellement, Tarzan parle le langage. Une fois encore, ces singes hostiles ont à leur tête un roi, qui répond au nom de Bak-Dak.

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Le Tarzan d’Harold Foster.
© Edgar Rice Burroughs, Inc.

Après Foster, il y eut beaucoup d’autres dessinateurs de Tarzan : citons Rex Maxon, Dan Barry, Bob Lubbers et Russ Manning, entre autres. La version la plus connue est celle de Burne Hogarth, qui partage avec Calvo un goût affirmé pour le baroque. Ses gorilles sont particulièrement grimaçants et le dessinateur se plaît à leur faire les yeux rouges, comme pour renchérir sur leur férocité. Sous son crayon, Tarzan aura maille à partir avec le redoutable Tublat, qui deviendra, au sein de la jungle, quelque chose comme son ennemi personnel, et avec le non moins terrible Kerchak.

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Burne Hogarth, Tarzan of the Apes, d’après Edgar Rice Burroughs,
Pan Books Ltd (Londres) /Watson-Guptill Publications (New York), 1972.
© Edgar Rice Burroughs, Inc.

De même, une couverture comme celle du No.207 du comic book Tarzan of the Apes (DC Comics, 1972), dessinée par Joe Kubert, représente un corps à corps entre Tarzan et un singe monstrueux.

Moins conventionnelle est cette séquence étonnante dessinée par le même Kubert (The Origin of Tarzan, The Ape Man, DC, 1974), d’un Tarzan encore jeune se mirant dans l’eau aux côtés d’un singe et, par comparaison avec lui, se trouvant laid.

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Joe Kubert © DC Comics

On l’aura remarqué : les gorilles menaçants sont toujours surdimensionnés ; ils paraissent nettement plus grands que le pourtant athlétique Tarzan. Dans la réalité, ils seraient surtout plus lourds, en raison de leur masse musculaire, mais certainement pas de cette taille excessive. Mais, au fait, s’agit-il bien de gorilles ? Edouard François évoquait naguère, avec discernement, « cette forme imprécise que Foster et Hogarth ont créée et qui est restée célèbre et qui tient plutôt du chimpanzé tout en ayant une taille plus élevée et une force plus grande [3] ».
Foster, le premier dessinateur de Tarzan (de 1929 à 1937), dut prendre plaisir à mettre en scène les face à face de son héros avec des singes, puisqu’il adressera plus tard un clin d’œil à cette série dans Prince Valiant. Ce dernier accompagne un équipage de vikings jusqu’au cœur de la jungle africaine (!). Dans une case superbe qui clôt la Sunday page du 25 janvier 1942, le preux chevalier se retrouve nez à nez avec « un ogre d’aspect terrifiant », qu’il va devoir affronter la semaine suivante. Le duel ne tiendra toutefois pas ses promesses : il ne faudra que quatre cases pour que le géant soit mis en pièces.

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© King Features Syndicate

Rival de Foster, Alex Raymond a lui aussi introduit une brève séquence simiesque dans son célèbre space opera Flash Gordon. C’est le 6 juin 1937 que les « hommes-singes cornus de Mongo » y font leur apparition. Ils s’assurent de Grombo, en fuite après qu’il ait tenté d’empoisonner Flash. Mais le fourbe les retourne contre ses poursuivants. Flash et ses compagnons doivent leur « opposer une farouche résistance ». Les hommes-singes portent une sorte de pagne, manient le gourdin, et habitent dans des cabanes construites à la cime des arbres. La ruse de Flash aura raison d’eux, et l’on n’en saura jamais davantage sur cette espèce, qui donne pourtant son titre à l’épisode « Les hommes-bêtes de Mongo », publié du 25 avril au 8 août 1937.

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© King Features Syndicate

On sait que Gotlib avait une passion particulière pour Tarzan, et s’amusait particulièrement de celui de Hogarth, dont il a donné une parodie mémorable [4]. Mais l’épisode dans lequel il fait intervenir un grand singe n’est pas particulièrement redevable à Hogarth. C’est « Pas si facile qu’on croit » [5]. Un gorille plein d’expérience, de sagesse et de patience y apprend à Tarzan à pousser son fameux cri (qui aurait été créé au cinéma par le technicien Douglas Shearer, lequel eut l’idée d’utiliser un yodel autrichien joué à l’envers et en accéléré). Le sabir du primate, mélange de français et d’anglais truffé de ougl et autres beagl, est d’une drôlerie irrésistible.

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© Éditions Dargaud


Tarzan mis à part, beaucoup de comic books ont mis les singes à l’honneur, en particulier chez DC Comics. Dans son No.8, daté de mai 1951, le magazine mensuel Strange Adventures montrait un gorille en couverture et annonçait « l’histoire incroyable d’un singe avec un cerveau humain ! » Selon le témoignage de l’éditeur Julius Schwartz, cette image aurait entraîné une hausse significative des ventes du titre. Dès lors, la décision fut prise de multiplier les couvertures montrant des gorilles, toujours agissant à la manière d’humains. Ainsi, notamment, des numéros 100 (janvier 1959, sur « L’étonnant procès de John (Gorilla) Doe ! » ; No. réédité fin 1972), et 117 (juin 1960, sur un gorille génial dont les idées ont été volées par un savant dévoyé, le Dr Van Horne).
Dans From Beyond the Unknown, No.23, août 1973, il est toujours question d’un Man-Ape, mais il s’agit cette fois d’un extra-terrestre supérieurement intelligent et animé de l’ambition de « conquérir le monde ».

Parmi les « super-vilains » emblématiques de l’univers DC figure le gorille Grodd, mangeur d’hommes, quoique doué de langage, de pouvoirs télépathiques et d’une haute intelligence (il appartient à une civilisation de gorilles avancée, rendus intelligents par des extraterrestres et qui ont fondé une cité à la technologie très sophistiquée : Gorilla-City). Ce super-vilain est apparu pour la première fois en mai 1959 dans Flash (sous la signature de John Broome et Carmine Infantino), dont il deviendra l’un des pires ennemis. Il connaîtra ensuite une carrière très longue et fertile en rebondissements. Voici deux couvertures assez frappantes qui le mettent en scène : l’une (Flash No.172) signée de Carmine Infantino et Murphy Anderson ; l’autre, par David Finch, qui représente Grodd face à Lex Luthor.



Lex Luthor nous conduit naturellement à Superman. Les aventures du super-héros archétypal ont vu l’apparition de deux singes la même année, en 1959. Beppo a été introduit en octobre dans Superboy No.56. Il est originaire de la planète Krypton, où le père de Superman s’en servait comme singe de laboratoire. Il possède des superpouvoirs, tout comme Krypto the super-chien, Streaky le super-chat ou Comet le super-cheval, que Supergirl lui fera d’ailleurs rencontrer par la suite.

L’autre singe est Titano, un « super-méchant », apparu pour la première fois dans Superman No.127, sous la signature d’Otto Binger et Curt Swan. Il avait été envoyé dans l’espace où une irradiation l’avait transformé ce chimpanzé en géant à la force démesurée, capable d’émettre, par les yeux, le rayonnement de la Kryptonite fatale à Superman. Ce personnage connaîtra par la suite des versions alternatives.

N’ayant pas ici la prétention de balayer tout le secteur des comic books, domaine dont je ne suis pas un spécialiste, je prendrai comme dernier exemple Conan.


Par sa musculature et le fait d’être le plus souvent représenté à demi-nu, le personnage n’est pas sans faire penser à Tarzan. Robert E. Howard (qui admirait Burroughs) a confronté le Cimmérien à des singes dans ses romans. Ainsi, dans sa jeunesse, Conan a été capturé par une tribu d’hommes-singes vivant dans des cavernes. Parmi les dessinateurs qui ont animé les aventures du célèbre barbare, Barry Smith, en particulier, doit être cité ici pour la seconde partie de l’épisode The Talons of… Thak ! (sur un script de Roy Thomas ; voir Conan Saga vol. 1 No.4, Marvel Comics, août 1987.). Conan a pour mission d’y tuer Nabonibus, le prêtre rouge qui tyrannise une cité corinthienne, mais il découvre que celui-ci a été détrôné par son gorille Thaj, monstrueux et sanguinaire, « aussi différent d’un vrai singe que d’un homme réel ». Notre héros n’a pas trop de toute sa vaillance, et de l’aide de son allié Murilo, pour venir à bout de cet adversaire hors catégorie.

(à suivre)


[1Sur cette histoire et les « emprunts flagrants » que Moebius y a faits pour Arzach, voir l’article de Philippe Lefèvre-Vakana dans le dossier Poïvet publié sur ce site : http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article437

[2Des écrivains membres de l’Oulipo, Jacques Jouet, Jacques Roubaud et Hervé Le Tellier, se sont amusés à écrire des poèmes en langue mangani.

[3« Le mythe des terres lointaines dans la bande dessinée américaine », Phénix No.15, 4e trim. 1970, p. 19-31. Cit. p. 23.

[4« Le petit lever du roi de la jongle », Rubrique-à-brac, t. II, Dargaud, 1971, p. 51-52.

[5Rubrique-à-brac, t. III, Dargaud, 1972, p. 50-71.

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